Les chenilles !

Lorsque j’étais venue, nous avions parlé de chenilles. Voici un petit complément.

Ce que l’on appelle chenille correspond aux larves des lépidoptères, c’est à dire les papillons. Comme vous devez le savoir, les papillons ne naissent pas sous la forme que l’on voit voleter : ils sont d’abord sous une forme chenille. C’est ce que nous avons vu sur le tronc du chêne au jardin : des chenilles de processionnaires du pin, qui formeront après métamorphose un papillon. Le papillon, stade adulte, est aussi appelé imago. Chez un lépidoptère il y a donc : un œuf, dont sort la chenille (larve), qui forme une chrysalide (ou nymphe) pour sa métamorphose, qui résulte en un imago (adulte).

Selon les espèces, on connaît plutôt la chenille ou l’imago : chez les processionnaires, la chenille est très impressionnant mais l’imago pas vraiment. Le Bombyx mori (ver à soie) est une espèce dont la chenille est aussi relativement bien connue : elle été utilisée pour faire de la soie à partir du cocon que tisse la chenille pour sa métamorphose. En revanche, pour beaucoup d’autres papillon, on se rappelle surtout de l’imago : piérides, vulcain, belle-dame …

pieride

Piéride

Ces chenilles sont les « vraies » chenilles. Mais il y en a d’autres : les fausses-chenilles (on les appelle vraiment ainsi). Celles-ci sont aussi des larves (comme les chenilles des papillons), mais des larves d’hyménoptères (plus précisément des hyménoptères qu’on appelle tenthrèdes).

tenthrede

Adulte de tenthrède

Je vous avais dit qu’il fallait faire attention aux pattes entre les vraies et les fausses chenilles … mais je ne me souvenais plus exactement du nombre. Voici donc cette information : les fausses-chenilles ont de six à neuf paires de fausses pattes et les chenilles de papillons ont moins de six paires de fausses pattes. Attention, on parle bien de fausses pattes ! Les insectes, comme vous le savez, ont tous trois paires de pattes.

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Chenille de papillon. 1 : tête ; 2 : thorax ; 3 : abdomen ; 4 : un segment ; 5 : corne ; 6 : fausses pattes ; 7 : orifice respiratoire ; 8 : vraie patte ; 9 : bouche (source : wikipédia).

Et ces pattes ont une autre particularité : elles sont toutes fixées vers l’avant de l’animal, sur une partie qu’on appelle le thorax. Tout insecte est composé d’une tête, d’un thorax et d’un abdomen et les pattes sont donc sur cette deuxième partie, le thorax.

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Chenille du papillon Machaon et zoom sur les fausses-pattes (source : wikipédia).

Cependant, les chenilles (vraies ou fausses) n’ont pas que les trois paires de pattes à l’avant du corps : elles en ont aussi le long du corps mais un peu différentes. Ces fausses-pattes possèdent quelques muscles et servent donc à la locomotion mais elles n’ont pas la même structure que les vraies pattes. Elles disparaîtront lors de la métamorphose.

Les photos pendant ma visite

Bonjour à toutes et à tous !

Pardon pour le temps que j’ai pris pour vous faire ce message. J’ai trié les photos prises pendant notre sortie et les voici.

Sur les blettes, nous avons vu deux syrphes (ordre des diptères, famille des syrphidae) qui s’accouplent.

syrphes

Sur le tronc du chêne nous avons vu des chenilles processionnaires (du chêne) (ordre de lépidoptères, famille des notodontidae, espèce : Thaumetopoea processionea).

Processionnaires

Sur le rumex, nous avons vu un opilion (attention, ce n’est pas un insecte mais une araignée … je vous le mets quand même puisqu’il était là) et une punaise (ordre de hémiptères).

Autour des coquelicots, nous avons vu un bourdon terrestre (ordre des hyménoptères, famille des apidae, espèce : Bombus terrestris), une éristale (ordre des diptères, famille des syrphidae) et des nitidules (ordre des coléoptères, famille des nitidulae).

Sur le fenouil, nous avons vu un bourdon terrestre un peu mal en point (ordre des hyménoptères, famille des apidae, espèce : Bombus terrestris), un dermeste (ordre des coléoptères, famille des dermestidae), une mouche de la famille des empididae (ordre des diptères), un graphosome (ordre des hémiptères, famille des pentatomidae), un longicorne (ordre des coléoptères), une autre mouche avec des reflets métalliques (ordre des diptères) et une mouche de la famille des tachinaires (ordre des diptères, famille des tachinaires).

Sur la camomille, nous avons vu une abeille solitaire (ordre des hyménoptère, famille des halictes), une éristale (ordre des diptères, famille des syrphidae), un oedemère noble (ordre de hémiptères, famille des oedemeridae, espèce : Oedemera nobilis), un oedemère vert (ordre de hémiptères, famille des oedemeridae) et un syrphe porte-plume (ordre des diptères, famille des syrphidae, espèce : Sphaerophoria scripta).

 

Sur les orties, nous avons vu une punaise (ordre des hémiptères).

Punaise

Sur les poacées, nous avons vu une mouche (ordre des diptères).

Diptere

Sur le bouton d’or, nous avons vu un cephidé (ordre des hyménoptères, famille des céphidae), un oedemère vert (ordre des hémiptères, famille des oedemeridae) et un syrphe porte-plume (ordre des diptères, famille des syrphidae, espèce : Sphaerophoria scripta).

Belles observations :-)

Bonjour à tous !

Merci beaucoup pour toutes ces photos, vous avez pu observer beaucoup d’insectes, c’est super ! C’est une très bonne idée d’avoir testé le protocole. En fait, c’est aussi quelque chose que je fais et que scientifique fait après avoir élaboré un protocole. On le teste et si jamais on s’aperçoit que quelque chose n’est pas au point ou ne fonctionne pas, on change. Comme ça, on est tout à fait près le jour J.

Le tableau prévu pour le relevé est aussi une bonne idée. Je pourrais vous montrer les tableaux que j’ai utilisé pour mes relevés si vous voulez (certains couvrent plus d’information, d’autres sont presque pareil). N’hésitez pas à le modifier si jamais vous vous apercevez qu’il faudrait d’autres informations. J’ai d’ailleurs une petite suggestion : pour les insectes la météo est importante. Vous voyez sans doute rarement un bourdon se balader sous la pluie … il n’apprécie pas. C’est un avantage pour nous, puisqu’on sait qu’on ne devra pas faire des relevés sous la pluie 😉 Pour vos relevés, vous pouvez notez, en gros, le temps qu’il faisait : s’il y avait du soleil, de l’ombre, s’il faisait très chaud ou pas … S’il fait vraiment très chaud, il est aussi possible que les insectes préfèrent se cacher.

Comme vous l’avez dit, il est important d’être précis dans vos observations. Savez-vous combien d’espèces différentes d’insectes existent dans le monde ? Je vous donne la réponse quelques lignes plus loin pour vous laissez le temps d’y penser …

Parmi les caractéristiques qui peuvent aider à distinguer un insecte d’un autre il y a la couleur, la forme des yeux, si le corps est allongé ou non, si les ailes sont colorées ou non. Ce sont des petites informations que vous pouvez ajouter … si vous avez le temps de voir tout cela bien sûr, car ces insectes sont parfois bien rapides !

Voici aussi des photos de cinq grands groupes d’insectes (on appelle ces groupes des ordres) qu’on voit très souvent sur les fleurs.

Voici d’abord deux mouches (en langage plus scientifique, des diptères) : elles ont deux ailes et de gros yeux. (à gauche c’est une Lucilia, et à droite c’est un syrphe)

Voici maintenant deux abeilles (hyménoptères). Elles sont des yeux fins, plutôt allongés et 4 ailes (deux paires, mais on ne les voit pas bien sur les photos). On peut aussi parfois voir le pollen qu’elles récoltent sur leur corps (je crois qu’on en voit sur une de vos photos : la petite abeille dans le récipient en pastique a du jaune sur les pattes). (à gauche, c’est une abeille cotonnière et à droite une Nomada).

Voici maintenant deux punaises (hémiptères). Les paires d’ailes des punaises sont de deux sortes : une paires plutôt solide, placée sur le dessus, qui protège la paire d’aile plutôt souple, placée au dessous. Cependant, la paire d’aile solide ne couvre pas toute les ailes souples, voir même ne couvre pas grand chose. Sur la photo de gauche (vous aurez reconnu un gendarme !), toute la partie noire à l’arrière du corps constitue les ailes souples et elles ne sont pas protégées. Sur l’autre photo (c’est un pentatome rayé), les ailes s’en tirent mieux mais elles dépassent quand même vers l’arrière.

Enfin, voici deux coléoptères. Ici, les ailes souples sont bien protégées par la paire d’aile plus dure du dessus. Bon, comme d’habitude, ce n’est jamais facile, celui de gauche laisse un peu dépasser ses ailes souples … mais c’est bien un coléoptère ! (à gauche, un oedemère et à droite, un coptosome).

Enfin, ceux-là je pense que vous les connaissez bien : les papillons (lépidoptères). Ici, j’ai mis un papillon de nuit (à gauche, c’est une adèle) et un papillon de jour (à droite, c’est un citron). Malgré leur nom, certains papillons de nuit se baladent aussi le jour (et inversement).

Il existe d’autres ordres d’insectes mais ces cinq là sont ceux que vous aurez le plus de chances de voir en observant à l’extérieur. Si vous arrivez à les différencier, cela vous donne la possibilité de noter si vous avez plutôt vu des mouches ou des punaises à un endroit et combien de punaises différents vous avez vu, par exemple.

Alors, quels sont les insectes que vous avez observé ?

Et en regardent ces photos, vous devriez aussi pouvoir deviner quelles sont les caractéristiques communes à tous les insectes !

Réponse à la question « Combien y a-t-il d’espèces d’insectes ? » : dans le monde, il y en aurait un million, peut-être plus ! On sait qu’on ne les a pas toutes découvertes. Chaque année, de nouvelles espèces d’insectes sont décrites (le plus souvent elles vivent dans des endroits peu facilement accessibles, comme la forêt amazonienne. Il est peu probable qu’on en décrive une nouvelle en France). En France, il y a environ 35 200 espèces d’insectes. Et pour 85% d’entre eux, ce sont (dans l’ordre d’importance en nombre) des coléoptères, diptères, hyménoptères, lépidoptères et hémiptères ! (un petit schéma sur cette page)

Bonnes observations !

Super protocole !

Bonjour à tous,

Vous avez définit un super protocole, qui devrait vous permettre de répondre à votre question ! J’aime beaucoup votre idée de décrire les lieux en fonction de l’activité humaine qui s’y déroule.

J’ai vu que pour les insectes, vous aviez l’idée de faire un parcours qui ne passe qu’une seule fois au même endroit. Comme je suppose que vous allez faire cela tous ensemble, je voulais vous suggérer une autre possibilité, qui serait peut-être plus simple à mettre en place dans votre groupe. On peut choisir d’observer pendant un temps défini à l’avance, toujours le même, dans plusieurs zones. Au lieu de faire un parcours dans les différents lieux où vous voulez observer, cela pourrait être mis en place en divisant l’espace en des petites zones que tous, par petits groupes pourraient observer pendant un temps fixé. Si vous êtes tous ensemble, j’ai pensé que cela pourrait être une solution alternative. Cependant, libre à vous de choisir ce qui vous semble le plus simple et pratique à mettre en place !

Avez-vous des guides ou d’autres documents qui vous aideront à reconnaître les insectes et les plantes ? Si vous n’en avez pas, je peux vous préparer une petite liste de documents et envoyer ceux que je peux envoyer par mail à votre enseignante.

Enfin, même si vous observez les insectes et les plantes sur le terrain, je suis sûre que vous repérerez d’autres organismes pendant vos observations !

Quand pensez-vous commencer vos observations ?

Comment faire un protocole d’observation ?

Suite à la définition du ce qu’est un protocole, voici quelques idées pour vous aidez à faire le votre. Pour cela, c’est important de se rappeler :

1. on se pose une question

2. on fait des hypothèses

3. on définit dans un protocole les observations qui permettent de vérifier les hypothèses

 

Vous avez déjà commencé à réfléchir aux points 1 et 2. Et vous avez aussi réfléchi à ce qui est faisable ou non : c’est essentiel. On peut avoir un super protocole d’observation mais aucune possibilité de réellement faire les observations … c’est dommage ! (par exemple, c’est comme si j’avais voulu observer 300 jardins au lieu de 30 avec mon protocole d’observation décrit dans le message précédent. Je n’aurais jamais pu seule observer 300 jardins …)

 

Voici donc quelques autres pistes pour continuer à réfléchir :

Il y a certaines choses qui seront difficiles à observer : la reproduction des insectes par exemple. Beaucoup cachent les endroits où ils pondent les œufs, le moment où mâle et femelle s’accouplent est très rapide : c’est donc compliqué à observer.

Il y a certaines choses qui sont liées : par exemple, les habitats et la nourriture des insectes avec les arbres où sont les insectes. Comme vous, lorsque vous mangez dans la cuisine dans votre maison, vous êtes à la fois dans votre habitat, en train de consommer de la nourriture, les insectes sur les arbres ont des chances d’en faire à la fois leur habitat et d’y trouver leur nourriture ! Mais seront-ils tous sur les arbres ? est-ce que ces arbres sont sources de nourriture et d’habitat pour tous ? est-ce qu’il y a certains insectes qui préfèrent les arbres et d’autres non ? ce sont des questions que vous pouvez aussi vous poser.

Je crois que vous commencez à bien voir le lien entre la végétation et les insectes : vous faites l’hypothèse que sur le terrain de foot il y a moins d’insectes car moins de biodiversité végétale.

 

Vous dites qu’il vous faut trier les lieux où observer. C’est une bonne idée : les lieux choisis devront figurer dans le protocole. Pour vous aider à les trier, vous pouvez vous demandez :

– est-ce que vous voulez plutôt faire une description de ce qu’il y a dans différents endroits (terrains de foot, jardins, école, etc) ou des comparaisons ?

– si vous voulez faire des comparaisons entre des endroits, que voulez-vous comparer ? Lorsque vous parlez du terrain de foot, vous faites l’hypothèse qu’il y a moins d’insectes parce qu’il y a moins de fleurs parce qu’il y a plus d’activité : est-ce que vous voulez comparer des endroits  où il y a plus ou moins d’activité pour vérifier cette hypothèse ?

 

Comme vous citez surtout les insectes, les fleurs et les arbres, j’ai l’impression que ces trois groupes d’organismes vous plaisent et que vous aimeriez les observer … Si c’est le cas, dites moi : je pourrai vous donner des informations sur eux pour les reconnaître. Ce n’est pas toujours facile !

Observer : le protocole d’observation

Bonjour à tous !

 

Vous avez fait des supers hypothèses concernant les insectes pollinisateurs dans les jardins !

Il y en a qui concernent les caractéristiques des jardins : ils sont naturels, il y a tout ce qu’il faut pour les insectes, l’herbe du jardin est une maison (un habitat) pour les insectes, c’est plus calme dans les jardins, les fleurs du jardin permettent de butiner.

Il y en a qui comparent les jardins par rapport à d’autres endroits : par rapport aux routes, par rapport au béton.

 

Dans mon travail, j’ai fait des hypothèses qui concernent les caractéristiques du jardins. Mes hypothèses sont :

  • plus il y a de biodiversité de fleurs dans les jardins, plus il y a d’insectes pollinisateurs
  • plus le jardin est loin des routes, du endroits avec beaucoup de béton, plus il y aura d’insectes pollinisateurs

 

Ensuite, pour vérifier si ces hypothèses sont valides, j’ai fait des observations. Je les ai faites en suivant un protocole d’observation. C’est à dire que j’avais une recette de ce que je devais faire et que j’appliquais cette recette dans tous les jardins. Je suis allée dans 30 jardins différents et dans chaque jardin, j’ai appliqué la recette (le protocole) suivante :

  • identifier toutes les fleurs du jardin par leur nom (j’utilise le nom latin. Par exemple, la pâquerette en latin est Bellis perennis)
  • faire le tour du jardin une seule fois, sans aller-retour, et pendant ce tour, prendre en photo tous les insectes qui sont sur toutes les fleurs. Ensuite, j’ai identifié les insectes (j’utilise là aussi le nom latin. Par exemple, la coccinelle à 7 points est Coccinella septempunctata)

 

Comme ça, j’ai pu savoir quels sont les jardins avec une biodiversité de fleurs plus ou moins grande et quels sont les jardins avec une biodiversité d’insectes plus ou moins grandes. Ensuite, j’ai regardé si les jardins avec un grande biodiversité d’insectes étaient aussi les jardins avec une grande biodiversité de fleurs.

Si j’avais juste regardé un jardin, je n’aurais pas pu savoir s’il avait plus ou moins de fleurs qu’ailleurs et donc je n’aurais pas pu savoir si elles ont une influence sur les insectes pollinisateurs.

Grâce à un protocole, on est certain de faire la même chose dans les différents endroits qu’on visite. Si on ne fait pas la même chose, on ne peut pas les comparer. Par exemple, si dans un jardin je ne regardais que la moitié des fleurs, je ne peux pas ensuite le comparer à un jardin où j’ai regardé toutes les fleurs !

 

Le protocole est un outil que tous les scientifiques utilisent. D’ailleurs, quand on écrit des articles de recherche, nous devons dire quel a été notre protocole. Comme ça les autres chercheurs savent quelle est le protocole utilisé. Si jamais ils travaillent sur le même sujet mais n’ont pas les mêmes observations, ils peuvent regarder si ils ont le même protocole. C’est comme une gâteau au citron : deux personnes disent qu’elles sont fait un gâteau au citron. Quand on les goûte, on s’aperçoit qu’ils n’ont pas le même goût ( = observations différentes) … Et quand on lit les recettes, on voit que dans une il y avait de la fleur d’oranger et pas dans l’autre (= protocoles différents) !

Avant de faire vos observations, vous devrez vous aussi écrire un protocole. Ce n’est pas forcément très long ! Cela doit juste indiquer comment faire les observations. C’est pratique aussi si jamais un jour vous êtes tout seul pour faire les observations : si vous n’êtes plus certains de quelque chose, hop, vous sortez votre protocole et tout est expliqué. En fait, idéalement, le protocole doit permettre à une personne qui n’a pas suivi tout ce qu’on a déjà dit de faire les observations elle-même, sans aide.

Une espèce, qu’est-ce que c’est ?

Peut-être n’êtes-vous pas certains de ce qu’est une espèce ? c’est bien normal : en fait, les scientifiques aussi ont parfois du mal à la définir. Voici quelques critères pour dire qu’un être vivant appartient à une espèce :
1. un être vivant doit pouvoir se reproduire avec les autres êtres vivants de cette espèce et leur descendant doit lui aussi pouvoir se reproduire.

Petit exemple : Avez-vous entendu parler des mules et des mulets ? Ce sont les petits d’une âne et d’une jument, deux espèces différentes. Les mules et les mulets ne peuvent pas avoir de petits : on les appelle des hybrides et l’ensemble des mulets et des mules ne forme pas une espèce.

Mulet

Le mulet, hybride âne / jument.

2. au sein d’une espèce, les êtres vivants partagent des comportements, des modes de vie, des cris, qui font qu’ils peuvent en quelque sorte se comprendre entre eux.

Petit exemple : En Asie, il y avait au sud des montagnes du Tibet une espèce d’oiseau, le Pouillot verdâtre. Cette espèce n’aime pas les hautes altitudes et s’est donc étendue en passant à l’est et à l’ouest du plateau … pour finalement l’encercler. Au nord, les Pouillots de l’ouest et les Pouillots de l’est se sont rencontrés, mais il s’était écoulé un temps très long et les chants des oiseaux de l’est avaient changé, tout comme ceux des oiseaux de l’ouest. Tellement changé qu’ils ne se reconnaissaient plus en eux ! Là, c’est un cas où les scientifique s’arrachent les cheveux : on sait par des expériences que les Pouillots peuvent toujours se reproduire entre eux, mais dans la réalité il ne le font pas car ne se reconnaissent pas de la même espèce ! On ne les classe donc pas dans la même espèce. Sur le schéma dessous, on en différencie cinq (en cinq couleurs).

Pouillots

La localisation actuelle des Pouillots autour des montagnes tibétaines : ils sont partis de B, sont remontés par 5, 4, 3, 2, 1 à l’ouest et 6, 7, A, 8 à l’est pour se rencontrer autour de 1 et 8 … où ils ne se comprennent plus !

Pouillot verdâtre Phylloscopus trochiloides Greenish Warbler

Un pouillot verdâtre.

3. un être vivant appartient à une espèce lorsqu’il est le résultat de l’évolution qui a mené à l’apparition de cette espèce.

Petit exemple : vous savez sans doute qu’avant notre espèce, Homo sapiens, il y a eu d’autres espèces, comme Homo erectus, Homo habilis, Homo neanderthalensis et d’autres encore. On parle souvent de l’apparition de l’Homme, au singulier, mais en fait, il y a eu apparition de plusieurs espèces d’humains au cours de l’évolution. Chacune était le résultat d’une évolution un peu différente d’une autre et à un moment dans l’histoire plus ou moins décalé (par exemple, Homo sapiens, Homo neanderthalensis et Homo erectus ont cohabité pendant environ 300 000 ans). Aujourd’hui, il n’y a plus qu’une seule de ces espèces.
J’espère qu’avec ces quelques indications vous comprenez que définir une espèce n’est pas tout le temps facile !