Adaptation du manchot royal aux changements de son environnement

Suite de l’activité pendant laquelle les élèves ont tracé un trajet de manchot suivi par satellite sur une durée de plusieurs jours.

Manchot équipé d'une balise pour un suive par satellite.

Manchot équipé d’une balise pour un suive par satellite.

Après avoir observé plusieurs trajets des manchots royaux, les élèves se sont posés la question : « Pourquoi les trajets sont-ils différents ? » (plus ou moins longs,  revenant toujours au même point…)

En discutant, les enfants sont arrivés à dégager ces idées.

_ Certains trajets sont effectués par des adultes (les plus longs), ou par de jeunes manchots (trajets plus courts).
_ Il n’y avait pas assez de nourriture à un endroit donné, dans sa zone de pêche, donc les manchots sont allés de nourrir ailleurs.
_ La longueur des trajets dépend de si le parent nourrit son petit (trajet court pour ne pas le laisser seul trop longtemps) ou si c’est pour se nourrir (trajet plus long).
_ Le poisson préféré du manchot ne se trouve plus dans sa zone de pêche donc il va pêcher ailleurs.

Ces discussions nous ont amené à conclure que pour comprendre les trajets, il faut avoir des connaissances sur le mode de vie des manchots (leur biologie : développement, mue, reproduction…) et l’environnement dans lequel ils vivent.

Céline nous explique que les manchots royaux viennent sur les îles sub-antarctiques (Crozet, Kerguelen, géorgie du Sud…) où règne un climat océanique, froid mais pas polaire, avec des températures moyennes de 5°C).
Ils viennent pour muer (changer totalement de plumage), se reproduire et nicher en colonies.

Ils ne trouvent pas leur nourriture sur les îles. Pendant le temps qu’ils y passent, ils jeûnent (= ne mangent pas) et vivent avec les réserves qu’ils ont dans leur corps. Pour se nourrir et faire ces réserves, ils vont pêcher en mer. A leur retour, ils nourrissent leur petit poussin puis attendent le retour de l’autre parent pour retourner en mer et ainsi de suite….
Avec les différents trajets, les élèves ont vu qu’il y avait des trajets courts et des longs. En effet les premiers permettent des retours fréquents à terre et sont liés aux différents besoins du poussin selon son âge.

Comparaison de deux trajets de manchots royaux pour se nourrir.

Comparaison de deux trajets de manchots royaux pour se nourrir.

Par ailleurs, les exemples de trajets que l’on a observés montrent que les manchots vont plutôt se nourrir au sud des îles et en superposant ces trajets avec des cartes de température de l’eau, Céline nous a montré que la zone où ils vont se nourrir est caractérisée par la rencontre d’eaux chaudes et d’eaux froide. Il s’agit du front polaire ; c’est une zone où les poissons sont nombreux et surtout accessibles (pas trop profonds). Les manchots y effectuent de nombreuses plongées.

Il faut donc comprendre qu’il est normal d’avoir des différences dans les trajets mais que certaines années le front polaire est beaucoup plus loin des îles, obligeant le manchot à aller chercher sa nourriture plus loin. Du coup, certaines différences quant à elles, sont dues aux changements climatiques. Et le manchot doit essayer de s’adapter.

Adaptation des animaux polaires à leur environnement

La semaine dernière, Céline, notre marraine scientifique, est venue en classe travailler avec nous.

Nous avons abordé les thèmes de l’adaptation des animaux polaires à leur environnement et aux variations de leur environnement. Elle nous a aussi expliqué plus en détail son travail de scientifique sur le terrain.

Tout d’abord, les enfants ont réfléchi à la définition du mot « adaptation ». Qu’est-ce que l’adaptation, lorsqu’on a 7, 8 ou 9 ans ? La plupart ont répondu que l’adaptation, c’était le fait de s’habituer à quelque chose (de nouveau ou non).

Un exposé présentant les animaux polaires ou marins polaires (comme l’ours, qui dépend de la mer pour se nourrir) a permis aux élèves de découvrir des critères aboutissant à cette notion.

Tous les animaux présentés, qu’ils vivent en Arctique (l’ours, le renne, le mergule…) ou en Antarctique (le manchot), sont adaptés à leur milieu : cela leur permet de survivre. Ils ont des adaptations caractéristiques (morphologie, isolation, camouflage, physiologie) ou comportementales (mode de vie, recherche alimentaire, habitat, reproduction).

> vidéo sur l’adaptation au milieu

Dans cette vidéo, Céline explique aux enfants que la couleur du plumage des guillemots leur sert de camouflage pour échapper à leurs prédateurs.

Les élèves se sont ensuite intéressés de plus près à l’ours polaire. Suite à une lecture documentaire, ils ont émis plusieurs hypothèses de départ sur ses caractéristiques physiques.

Quelques exemples d’hypothèses :
_ Ses narines se ferment : pour retenir l’air (VRAI), pour que l’eau ne rentre pas (VRAI).

_ Ses doigts sont palmés : sinon l’eau passe entre les doigts et on nage moins vite (VRAI), ça permet d’appuyer sur l’eau et d’aller plus vite (VRAI).

_ Son gras sert : à grandir (FAUX), à grossir (FAUX), à donner des forces (VRAI)
Céline a ensuite validé ou invalidé les hypothèses émises, dans les cahiers de chercheurs.

La question du gras de l’ours a donné lieu à une expérience en classe (photos à venir dans le « méli-mélo » du projet sur notre page). Les enfants se sont demandés à quoi servait cette graisse et ont imaginé une expérience pour y répondre.

Enfin, pour terminer sur cette notion d’adaptation au milieu, toute la classe est descendue dans la cour et nous avons réalisé une expérience « grandeur nature ». Les enfants se sont posés la question de savoir ce dont l’ours avait besoin pour vivre dans son milieu polaire. Un mémorable moment a suivi : Edwige, (que nous remercions encore) s’est prêtée au jeu et est devenue, le temps de l’expérience, une ourse dont les autres élèves ont, peu à peu, trouvé les attributs d’adaptation.

Atelier ours polaire

De quoi les ours polaires ont-ils besoin pour vivre dans leur milieu froid ?

Tout cela pour comprendre que l’ours, comparé à l’homme, est naturellement adapté à son milieu froid et que cette adaptation s’est faite, progressivement, sur des milliers d’années. Comparativement, l’homme, pour survivre dans le même milieu, est obligé de se vêtir et de se protéger en conséquence.

Ce dont Céline a besoin pour survivre en milieu polaire.

Ce dont Céline a besoin pour survivre en milieu polaire.

L’adaptation est donc une question de survie mais également un phénomène très lent à l’échelle du temps. La définition apportée ultérieurement par Céline est « caractéristique physique du corps ou un comportement qui aide une espèce à survivre dans son environnement ».

1001 découvertes pendant la Semaine Polaire

Conférences de la Semaine Polaire d’APECS France sur le thème « Les pôles et le climat ». Ce que notre classe de CE1/CE2 a découvert.

Le webinaire sur Les glaces, témoins du climat, nous a appris que :

« La glace de terre, c’est de l’eau douce » (Iman).
« Quand il pleut en Antarctique, ça se transforme en neige et puis en glace. » (Islame)
« Plusieurs couches de neige se transforment en glace pour former un glacier. » (Nora)
« Un iceberg, c’est un morceau de glacier qui s’est détaché et qui flotte. » (Alexia, Aloïs)
« La glace peut se briser. » (Sasha)
« La glace de mer, c’est de la glace salée, elle se forme dans la mer. » (Nora) C’est la banquise.
Le réchauffement climatique entraîne la fonte des glaciers qui provoque une montée des eaux dangereuse pour certaines populations. La fonte de la banquise est un danger pour les animaux qui l’utilisent pour capturer leurs proies (ours polaires au nord, manchot au sud).

calotte antarctique

calotte antarctique

La calotte glaciaire de l’Antarctique est épaisse comme 9 fois la Tour Eiffel, c’est une grosse couche de glace.

une carotte de glace

une carotte de glace

« L’opération carotte » permet d’aller chercher en profondeur de la glace très ancienne pour connaître l’histoire de notre climat en étudiant les bulles d’air emprisonnées dans la glace.

 

Le webinaire sur le pôle nord et le pôle sud, nous a appris que :

« En Arctique, il y a de la banquise. » (Nora) «En Arctique, il y a de la glace et des terres autour. » (Sasha)
« En été, en Arctique, il ne fait pas plus de 10°C. » (Iman)
« Autour de l’Antarctique, il y a de l’eau chaude et de l’eau froide qui se mélangent. L’Antarctique est une grande réserve d’eau douce. » (Nora)
« En Antarctique, il fait plus froid qu’en Arctique. L’hiver il peut faire -89°C » (Mod),
« -69°C en Arctique. » (Iman)
« En Arctique, il y a plus de paysages différents qu’en Antarctique : fleurs, herbes, mousses » (Aloïs), « c’est la toundra. » (Islame)
« Quand la Terre s’est formée et que ça s’est détaché, les ours polaires ont suivi le chemin de la glace pour aller en Arctique. » (Clément)
« L’ours polaire peut vivre de 15 ans à 25 ans. » (Méliou)

Paysage de toundra en Arctique.

Paysage de toundra en Arctique.

Animaux de l'Arctique : ours polaire.

Animaux de l’Arctique : ours polaire.

Animaux de l'Arctique : renard polaire.

Animaux de l’Arctique : renard polaire.

« Les manchots vivent sur la glace au pôle sud » (Waïl), « en Antarctique » (Shirine), et les pingouins en Arctique. » (Shirine) « Le pingouin peut voler, il est plus léger que le manchot. » (Iman).

« Le manchot ne peut pas voler mais nage très bien. » (Méliou) « Ils ont des nageoires arrondies. » (Carla)

Animaux de l'Antarctique, le manchot papou. Une des 17 espèces de manchots vivant en Antarctique.

Animaux de l’Antarctique, le manchot papou. Une des 17 espèces de manchots vivant en Antarctique.

 

Le webinaire sur le mergule nain face aux changements climatiques, nous a appris que :

« Mergule veut dire bon plongeur. » (Iman)
« Les mergules nains vivent dans les cailloux » (Blandine), « en Arctique. » (Shirine)
« Ils pondent un œuf, l’été. » (Sasha)
« Les mergules mangent du zooplancton » (Jana), « comme des petites crevettes » (Valentin), « des petites, des moyennes et des grosses crevettes. » (Donovan).
« Les mergules mettent à manger dans leur bouche pour nourrir leurs petits » (Claire), « dans une poche. » (Carla)
« Les adultes mergules nains sont noirs et blancs et les petits sont noirs. » (Islame) « Ils sont tout petits ! » (Carla), « un mergule poussin pèse autant qu’une lettre.» (Méliou)

Un poussin mergule nain pèse 20g, le poids d'une lettre !

Un poussin mergule nain pèse 20g, le poids d’une lettre !

Un adulte pèse 150g : un poids plume !

Un adulte pèse 150g : un poids plume !

Un copépode, nourriture du mergule nain.

Un copépode, nourriture du mergule nain.

Les changements climatiques entraînent la disparition des deux grosses espèces de copépodes, il ne reste que les petits dans les zones de pêche des mergules.
Pour l’instant, son changement d’alimentation n’a pas de conséquences sur la croissance des poussins mais l’activité humaine a des répercussions sur le mergule : pollution de l’eau, de son alimentation, de son sang. La recherche de pétrole ou, si la banquise recule, les futures routes maritimes représentent un danger pour lui.

 

Merci aux membres d’APECS France pour leurs conférences et plus particulièrement à Françoise et Céline pour leur aimable autorisation de diffuser des photos personnelles.

Moi et les pôles dans 100 ans

Pour sa semaine polaire, APECS France a lancé un projet artistique intitulé « Moi et les pôles dans 100 ans ».

Nous y participons, parallèlement aux Savanturiers des Glaces, et voici quelques-unes de nos œuvres.

Elles reflètent notre inquiétude autant pour l’Arctique que pour l’Antarctique, avec la présence accrue de l’homme (touristes et peuplement de l’Antarctique), la pollution, la fonte de la banquise, la disparition de certains animaux polaires tels que l’ours ou le manchot empereur… Nous espérons que tout cela n’aura pas lieu !

Ce projet nous a permis d’exprimer nos sentiments à travers du modelage d’argile, des playmaïs, de la peinture, du dessin, de l’écriture…

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Semaine polaire

Du 23 au 28 mars 2015 a lieu la semaine polaire, organisée par APECS France, partenaire scientifique du projet « Savanturiers des Glaces ».

Pendant cette semaine, ont lieu des petites conférences en ligne, appelées webinaires, auxquelles les élèves des écoles peuvent assister et participer.

Nous allons en écouter trois :

_ Le secret des glaces, témoins du climat, présentée par Anne-Claire Bihan-Poudec, nous a appris à distinguer les glaces de terre et de mer, à faire la différence entre banquise et glacier, à mieux connaître « l’Opération Carotte » dont le but est de forer la glace pour mieux comprendre le climat passé de notre planète.
A l’issu du webinaire, beaucoup d’enfants ont posé des questions très intéressantes et, comme dit Lucie, une élève de CE1, « on a appris plein de trucs qu’on ne savait pas avant ».

_ Demain, nous allons assiter au webinaire de notre marraine, Céline Clément-Chastel, sur la différence entre Pôle Nord et Pôle Sud et à celui de Françoise Amélineau sur le mergule nain, un petit oiseau migrateur vivant en Arctique.

Nous vous raconterons ce que nous avons appris !!SemainePolaireMars2015Affiche

Ecole St Exupéry, qui sommes-nous ?

Une vue de l'école Saint Exupéry.

Une vue de l’école Saint Exupéry.

Nous sommes 25 élèves de CE1/CE2. Notre école, l’école St Exupéry, se situe à Langon, en Gironde, à environ 45 km au sud de Bordeaux.
Nous participons cette année au projet Savanturiers des Glaces à travers un projet pluridisciplinaire d’une durée d’environ 5 mois.

Les différentes étapes seront :
_ de profiter du voyage de notre marraine chercheuse, Céline Clément-Chastel, pour obtenir des données sur l’Antarctique (photos, relevés météos) et ainsi comparer notre climat à celui de ce continent en construisant des cartes, des graphiques et quelques éléments d’une station météorologique,
_ de nous interroger sur l’adaptation d’un animal polaire face aux changements climatiques actuels.

Des films documentaires viendront compléter et illustrer nos questions et nos connaissances : La Marche de l’Empereur et les capsules vidéos de La Glace et le ciel de Luc Jacquet, Un jour sur Terre de Fothergill/Linfield.

Enfin, pour bien finir l’année et finaliser ce projet extraordinaire, nous devrions venir à Paris, présenter notre travail aux autres classes participantes lors du Festival Futur en Seine en juin prochain.
Ce sera alors l’occasion, pour nous, de passer quelques jours à Paris et de visiter des musées à vocation scientifique.

Amélie Vacher, enseignante des CE1/CE2 de l’école St Exupéry.

Vous avez dit « Antarctique » ?

Oh Ciel, je vois l’Antarctique !

L’Antarctique est blanc,
Il fait froid, l’eau est glacée.
J’adore l’Antarctique,
C’est beau.
Les animaux sont jolis,
Ceux qui sont sur terre et dans l’eau.
Notre marraine Céline a de la chance
Car elle y va ! Oh Ciel !
J’ai vu des manchots,
Ils sont trop jolis !!

Mod

La vie de l’Antarctique et Céline

L’Antarctique, c’est beau.
L’Antarctique, je pourrais y vivre.
En Antarctique, il y a :
De la pluie, de la grêle, des flocons,
Et pas de beau temps, malheureusement.
Mais où part Céline ?
Ah oui, en Antarctique !

Claire

L'Antarctique merveilleux par Nora.

L’Antarctique merveilleux par Nora.

Les animaux en Antarctique par Sasha.

Les animaux en Antarctique par Sasha.

Aperçu de l'Antarctique par Nouhaïla : le dessin est tronqué suite à une mauvaise manipulation, promis l'original sera publié à la rentrée.

Aperçu de l’Antarctique par Nouhaïla : le dessin est tronqué suite à une mauvaise manipulation,  l’original sera publié à la rentrée.

Bonnes vacances à tous !!!